Vie culturelle

Kan Sano à la Maison de la Culture du Japon à Paris — Samedi 20 juin

Quand Tokyo s’invite Quai Jacques Chirac

Il y a des soirées qui restent. Celle du samedi 20 juin à la Maison de la Culture du Japon à Paris en fait partie. Ce lieu absolument incroyable, niché au cœur du 15e arrondissement, avec sa salle de spectacle de plus de 300 places d’une élégance rare, avait ce soir-là choisi d’accueillir l’un des musiciens les plus singuliers de sa génération : Kan Sano, pianiste japonais, compositeur et producteur musical.

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Originaire de Kanazawa et basé à Tokyo, Kan Sano a commencé le piano seul, à l’âge de 11 ans, avant de traverser l’Atlantique pour rejoindre le prestigieux Berklee College of Music de Boston, dont il est sorti diplômé en composition jazz. Son groupe avait même joué au Monterey Jazz Festival en 2003. Autant dire que la scène parisienne accueillait ce soir-là un musicien aguerri, formé aux deux rives du Pacifique.

Et dès les premières notes, la salle a été happée. Le swing de Kan Sano est de ceux qui ne demandent pas — ils embarquent. Une rythmique basse-batterie d’une précision absolue, qui sonne comme une boîte à rythme mais avec ce quelque chose d’irremplaçable : le grain humain, le souffle, le balancement. Le public a réagi aux moindres sollicitations, complice, à l’écoute, suspendu aux intentions des musiciens.

KanSano, Aya Soejima, Gersende
KanSano, Aya Soejima et Gersende

Car il faut le dire : ce sont des musiciens hors pair qui partageaient cette scène. Un spectacle complet, où chaque partie prenait sa place sans jamais écraser les autres. Le charisme de Kan Sano fait le reste — naturel, généreux, jamais dans la démonstration. Beat maker autant que pianiste, il a construit au fil des années une musique qui mêle jazz et électronique, puisant aussi bien dans Stevie Wonder que dans les productions les plus contemporaines de Tokyo. Sur scène, tout cela se fond en quelque chose de vivant, d’immédiat.

La virtuosité est là, évidente — mais elle n’est jamais une fin en soi. Elle sert l’émotion, point. C’est sans doute ce qui a fait que la salle, ce soir-là, n’a pas simplement applaudi un concert de jazz à Paris. Elle a vécu quelque chose.

A Propos de l'auteur

Henri Victor

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