Cinq cultures, cinq langages de l’élégance. Découvrez comment France, Italie, Maroc, Corée et Argentine définissent la beauté et l’identité à l’UNESCO Paris.
L’Art de l’Élégance à Travers le Monde
Un Dialogue Mondial sur la Culture, l’Identité et les Standards de Beauté
En ce après-midi du 28 mai, quelque chose de rare s’est produit dans la Salle IX de l’UNESCO. Dix cultures ont pris la parole, l’une après l’autre, et la salle n’a pas débattu. Elle a écouté.
Qu’est-ce que cela signifie d’être élégant ? La question semble simple. Mais lorsque vous réunissez dans une même conversation une entrepreneuse coréenne dans le domaine de la beauté, une militante marocaine pour l’autonomisation des femmes, une professionnelle des relations publiques argentine élevée entre Buenos Aires et Athènes, une étudiante en droit italienne façonnée par la Toscane et Milan, et une créatrice de contenu française aux racines jamaïcaines, la question s’ouvre sur quelque chose de bien plus vaste.

« Le dialogue entre les civilisations n’existe pas uniquement dans les grands débats internationaux. Il vit dans les choix culturels, les expressions esthétiques et les identités des jeunes dans leur vie quotidienne. » — Jing ZHANG, PRÉSIDENTE EXÉCUTIVE, GYDCA
✦ ACTE I ✦ Le Panel : L’Élégance est-elle Universelle ?
Cinq voix : AMBRE JABIR, styliste formée à l’ESMOD International, connue pour son approche consciente et durable du luxe ; ANNFLOR SANGAN, styliste et analyste de tendances formée à l’École de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne, avec une expérience précoce aux côtés de Galliano et Alaïa ; TIM STOLTE, designer allemand et fondateur de Timsto, façonné par le programme de master en mode d’Anvers ; SURYA MATHEW, fondateur de la Maison Surya Mathew, formé simultanément à la Haute École de Joaillerie de Paris et auprès d’un maître joaillier au Kerala, avant de travailler pour les maisons les plus prestigieuses de la Place Vendôme ; et CARMEN M. NZAMBA, apportant les perspectives d’Afrique centrale dans une conversation qui en avait besoin. Ensemble, ils ont posé les questions que l’industrie s’arrête rarement assez longtemps pour aborder, réunis sous l’organisation et avec la participation d’ELOÏNE RAMON-BURGADA, qui a modéré l’après-midi avec vision, soin et grâce.
Q1 : L’élégance est-elle universelle, ou profondément façonnée par la culture ? Q2 : Comment définiriez-vous l’élégance dans votre propre contexte culturel, et qu’est-ce que le monde comprend le plus mal à son sujet ? Q3 : L’élégance est-elle quelque chose que l’on apprend, ou quelque chose que l’on incarne naturellement ? Q4 : Si vous deviez choisir un exemple qui représente le mieux l’élégance dans votre pays, lequel serait-il, et pourquoi ?
✦ ACTE II ✦
Cinq Pays, Cinq Langages de l’Élégance
Maroc – SAMIA MARROUCHA
Entrepreneuse, ancienne institutrice, fondatrice de SC Campus, un centre de formation certifié dédié à l’autonomisation des femmes et au développement personnel.

Art et Élégance à Travers le Maroc : Samia Marroucha a introduit la salle à une élégance ancrée non dans le minimalisme mais dans la richesse — le Kaftan traditionnel, l’art ancien de la mosaïque Zellige, l’artisanat délicat du Henné, l’abondance sensorielle de la médina. Dans la culture marocaine, l’élégance ne se porte pas : elle se vit.
France – LILLY
Créatrice de contenu et cadre dans la technologie, basée à Paris. Origines françaises et jamaïcaines. L’élégance comme langage du quotidien.

Le Je ne sais quoi : Lilly a commencé là où tout récit honnête de l’élégance française doit commencer : par ce concept qui ne peut pas tout à fait se nommer. Elle a retracé l’esthétique de la retenue, de la confiance naturelle, de la décontraction, décryptant comment la France, à travers Chanel et le poids culturel de son art, de son architecture et de sa langue, a longtemps exporté une image très spécifique de la beauté. Une image qui, a-t-elle soutenu, est à la fois admirée et mal interprétée.
Italie – EMMA MIGLIARINI
Étudiante en droit européen à l’Université de Strasbourg, trilingue, née en Toscane, étroitement liée à Milan. Ambassadrice Jeunesse de l’UNICEF et mentor MUN.

La Sprezzatura : L’Art Étudié de l’Aisance : Emma Migliarini a apporté à la salle un mot sans traduction directe — la sprezzatura, l’idéal de la Renaissance qui consiste à faire paraître facile ce qui est difficile. L’élégance italienne, a-t-elle expliqué, vit dans la tension entre la coupe méticuleuse et la nonchalance étudiée. La silhouette compte. Le tissu compte. Ce qui compte le plus, cependant, c’est que rien de tout cela ne doit sembler vous avoir coûté quoi que ce soit.
Corée du Sud – YEBEEN KIM
Créatrice digitale et entrepreneuse. Fondatrice d’Atelier Seoul, un salon K-beauty à Paris. Elle fait le pont entre les cultures esthétiques coréenne et française au quotidien.

La K-Beauty et la Philosophie de la Culture de Soi : Yebeen Kim a retracé l’élégance coréenne depuis ses racines philosophiques confucéennes jusqu’à l’analyse des couleurs personnelles et l’industrie mondiale de la K-beauty, montrant comment ce qui ressemble, de l’extérieur, à une obsession pour une peau parfaite est, de l’intérieur, une pratique de soin, de patience et de connaissance de soi.
Argentine – BAUTISTA MACCIONE
Professionnel de la communication et des relations publiques. Né à Buenos Aires, élevé à travers l’Europe. Origines grecques, italiennes et argentines. Formé dans le luxe, la cosmétique et la communication audiovisuelle.

Identité, Présence et le Pouvoir d’Être Vu : Bautista Maccione a parlé d’une élégance qui ne se préoccupe pas de la retenue — elle se préoccupe de l’identité. À travers le prisme de Buenos Aires, de la culture du tango et de l’expressivité émotionnelle des esthétiques latino-américaines, il a soutenu que s’habiller impeccablement, c’est faire une déclaration sur qui l’on est et d’où l’on vient. L’élégance, ici, n’est pas un code : c’est une histoire.
✦ ACTE III ✦
L’Heure de Clôture
La dernière heure a réuni toutes les voix dans la même salle, non pas pour parvenir à un consensus, mais pour s’asseoir ensemble avec des questions qui s’étaient enrichies au fil de l’après-midi. Trois voix supplémentaires ont donné à la clôture toute sa texture.
Ancienne Miss Asie – HONEY TIAN MI
Une perspective saisissante sur l’évolution des standards de beauté et de l’élégance en Chine — comment une génération passe des idéaux extérieurs vers la cultivation intérieure, et ce que cette transformation signifie pour la façon dont nous définissons la grâce aujourd’hui.
Ancienne Miss Picardie – MARINA PRZADKA
Son intervention, qui a ajouté une dimension véritablement significative à la conversation, a été l’un des moments forts discrets de l’après-midi. Un rappel que l’élégance, quand elle est réelle, porte un poids qui dépasse l’esthétique.

L’après-midi s’est clos sur un moment particulier. Gersende Martin-H a pris la parole là où les mots s’arrêtent. Son interprétation de l’Hymne à l’Amour d’Édith Piaf — trois minutes, une voix, une salle qui avait passé l’après-midi à débattre de ce qu’est l’élégance — a suspendu la conversation d’une manière que personne n’aurait pu tout à fait nommer. C’était peut-être là la réponse.









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