Il y avait quelque chose dans l’air ce matin du 30 mai, devant le Paris Montreuil Expo. Une énergie particulière, difficile à nommer au premier abord. Et puis la parade d’ouverture a démarré dans les rues, et là, tout est devenu limpide. Ce week-end entièrement dédié aux cultures asiatiques n’allait pas ressembler à un salon ordinaire. C’était une fête, une vraie, celle qui prend aux tripes dès les premières minutes.

Des cosplays de toutes sortes, des drapeaux brandis à bout de bras, des tenues traditionnelles côtoyant des tenues de scène K-pop — la procession filait vers le parc des expos comme un fleuve en liesse. L’Asian Pop Culture Festival, tout premier festival pan-asiatique à Paris, célébrait la richesse et la diversité des cultures asiatiques à travers un mélange unique de tradition, d’innovation et de pop culture. Pari tenu, et même au-delà.

À l’intérieur, le dépaysement était total et immédiat. 14 pays représentés : Chine, Cambodge, Philippines, Corée du Sud, Japon, Singapour, Malaisie, Thaïlande, Vietnam, Indonésie, Taïwan, Inde, Népal et Laos. Chacun avec ses stands, ses couleurs, ses sons, ses odeurs. Huit grandes zones thématiques structuraient le parcours : cuisine asiatique, mode, beauté, arts, voyage, culture pop contemporaine — avec en prime des animations, des scènes de performance et des espaces interactifs qui rendaient toute carte du festival rapidement obsolète. On dérivait. On se laissait porter. C’était exactement ça, l’idée.

Parlons franchement de la nourriture, parce que c’est souvent là que les festivals culturels déçoivent — et là, c’était une vraie réussite. Des onigiris artisanaux façonnés à la main avec des garnitures variées — saumon, thon mayo, poulet teriyaki, options veggie — du karaagé, des donburi, des takoyaki pour l’espace japonais. Et autour, des dizaines d’autres stands qui proposaient pad thaï, bánh mì vietnamiens, currys indiens parfumés, dim sum cantonais, bubble tea sous toutes ses formes. Un vrai tour du continent en quelques heures. Les papilles avaient autant à faire que les yeux. C’était une fête gustative complète, généreuse, et d’une qualité qu’on ne s’attendait pas forcément à trouver dans un événement de cette envergure.

Sur les scènes, le niveau était là. Karaoké, danse asiatique traditionnelle et moderne, arts martiaux, battles de pop dance — le programme ne laissait aucun temps mort entre deux bouchées. Une zone immersive inspirée de Squid Game a fait sensation pendant tout le week-end, avec des files qui ne désemplissaient jamais vraiment. Les fans de K-pop avaient leurs moments, les amateurs de J-pop aussi, et les communautés d’Asie du Sud-Est les leurs — chacun trouvait son territoire sans que l’ensemble ne se fragmente. C’est le tour de force de cette édition : tenir ensemble autant de diversités sans que ça ne ressemble à un catalogue.
Le dimanche, la finale du concours de cosplay et la cérémonie de clôture en costumes traditionnels ont offert deux des instants les plus forts du week-end. Voir des familles entières — toutes origines mêlées — ovationner un concurrent déguisé en personnage de manga ou en noble de la cour impériale coréenne : c’est ce genre de moment qu’on ne fabrique pas, et qui dit mieux que n’importe quel discours pourquoi ce type d’événement mérite d’exister.

Ce festival se donnait pour mission de rassembler plusieurs communautés jusque-là clairsemées, d’offrir un lieu de célébration aux communautés asiatiques et d’assurer la transmission d’un héritage culturel aux nouvelles générations. Mission accomplie — et même quelque chose de plus : une porte ouverte à tous ceux qui ne connaissaient pas encore grand-chose à tout ça, et qui en sont repartis avec l’envie d’en savoir davantage.

Plus de 15 000 visiteurs pour une première. C’est un signal fort. Et quelque chose dit que la deuxième édition va devoir trouver un espace encore plus grand.





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