
Le 29 mai dernier, l’Hôtel de l’Industrie — en plein cœur de Paris — a ouvert ses portes à une région que beaucoup connaissent sans vraiment la connaître : le Shaanxi, province du nord-ouest de la Chine, berceau d’une civilisation vieille de plusieurs millénaires.
La Journée culturelle du Shaanxi et son exposition Dialogue éternel : protection du patrimoine culturel et renaissance urbaine ont attiré près d’une centaine de participants — spécialistes du tourisme, chercheurs, artistes, professionnels de l’industrie. Une belle diversité de regards pour une région qui méritait clairement mieux qu’un angle de guide touristique.

L’exposition se déployait en trois séquences : Terre de civilisation, Préserver les racines, Renouveau et renaissance. Un fil conducteur simple mais efficace, qui montrait comment l’héritage historique du Shaanxi continue d’irriguer son développement d’aujourd’hui. On y découvrait les remparts de Xi’an, l’art céramique du four de Yaozhou, les peintures paysannes de Huxian aux couleurs franches et joyeuses, les sculptures en argile de Fengxiang — autant de savoir-faire qui résistent au temps et que la province s’emploie activement à transmettre.
Xi’an, ancienne capitale de plusieurs dynasties impériales et point de départ historique de la Route de la Soie, reste une ville à part. Mondialement connue pour son armée de terre cuite, elle est bien plus que ça : une ville qui conjugue histoire plurimillénaire, richesse culturelle et environnement naturel préservé. Son potentiel touristique est loin d’être épuisé, et les professionnels présents ce jour-là en sont convaincus.
Ce qui m’a frappé dans cette journée, c’est la qualité des échanges qu’elle a suscités. Les coopérations entre pays ne se construisent pas seulement sur des accords économiques — elles se construisent sur du contact humain, sur la curiosité, sur la rencontre. Et la culture est sans doute le terrain le plus fertile pour ça.
Ce qui ressortait aussi des discussions, c’est la capacité de la Chine à faire coexister tradition et modernité sans que l’une étouffe l’autre. La céramique de Yaozhou côtoie les projets urbains contemporains. Les poèmes de la dynastie Tang résonnent encore dans les programmes culturels d’aujourd’hui. Ce dialogue entre les époques, quand il est sincère, est toujours fascinant à observer.
La journée ne s’est pas arrêtée à l’Hôtel de l’Industrie. À l’UNESCO, une table ronde a exploré la poésie Tang et son rayonnement universel. Et au pied de la Tour Eiffel, une fresque participative a réuni touristes, Parisiens et visiteurs chinois autour de pinceaux et de motifs de la Route de la Soie. Caravanes, figures de la dynastie Tang, motifs traditionnels — l’œuvre s’est construite au fil des heures, contribution après contribution, devenant quelque chose d’assez émouvant : une création collective franco-chinoise, improvisée et sincère.
C’est peut-être ça, finalement, la meilleure définition de ce que peut faire la culture quand on lui en donne les moyens : transformer des étrangers en collaborateurs, le temps d’un pinceau partagé.





Ajouter Un Commentaire