Asie L'Echo des Arts

Aquarelle chinoise : de l’encre d’hier à l’art d’aujourd’hui

L’ aquarelle chinoise hier et aujourd’hui
L’ aquarelle chinoise hier et aujourd’hui

Malika Dorbani
Malika Dorbani

Article de Malika Dorbani

N’étant pas étrangère au lavis d’encre, noire et colorée, sur papier, qui prévalait en Chine
depuis des millénaires, l’aquarelle, s’est propagée dans ce pays naturellement et
progressivement à partir du XVIIIème.s. Théorisée à la même époque en Angleterre, elle
préconisa la primauté de la couleur sur le dessin, la transparence du pigment, l’épargne du
blanc de papier, seul générateur de lumière, et le contour et la hachure alors pratiqués par
les peintres de la Renaissance tels Raphaël, Dürer et Holbein,. Article de Malika Dorbani

Li Qing
Li Qing

La sortie des peintres
européens de leur atelier, pour travailler en plein air, fit le reste. Croyant peindre sur terre
plate ou se passant de sa sphéricité,, ils obéissaient à l’anatomie, à la ligne de fuite, à la
succession ou l’opposition des plans, à la hiérarchie d’échelle, au volume, et au clair-obscur,
tandis que les peintres chinois, plus cosmiques, composaient tout sur un même plan.

Shi Qian
Shi Qian
Wu Sijun
Wu Sijun


Canton, seule ville ouverte aux étrangers à cette époque, fut le premier foyer de la pratique
de l’aquarelle avant qu’elle n’atteignît sa plénitude à Shanghai. Le papier de riz, résistant et
inaltérable, le pinceau en pointe, plus ferme que le plat, réservoir de pigment maîtrisant
ligne, couleur, teinte et rendu des tons et des effets, en furent ses atouts. Forte de son
histoire tant traditionnelle qu’académique, l’aquarelle s’imposa, comme partout ailleurs,
comme art autonome par rapport à la peinture de chevalet. La copie des maitres, auteurs
de rouleaux, d’éventails, d’albums, de feuilles marouflées, restait la base de l’apprentissage
mais les artistes s’en affranchirent en en gardant l’esprit, la forme peut-être, mais ils prirent
la liberté d’interpréter, d’exprimer leurs sentiments et leur vie personnels. Ils introduisirent
subtilement, ou franchement, les règles de la composition classique et les parti-pris
contemporains de leurs collègues occidentaux.


Les œuvres, maintes fois exposées au Centre Culturel de Chine et dans les espaces d’art
asiatique à Paris , l’ont démontré par leur présence et caractère. Intenses, animées et
délicates comme le lien qui attache Li Qing à la nature, à la famille et à la vie. Evanescents,
rafraichissants et intemporels comme les éventails et l’univers de Shi Qian. Et le tout réuni
et épuré avec une sensibilité et une émotion singulières dans les scènes de cirque de Wu
Sijun qui ne sont pas sans rappeler celles de Seurat et Toulouse-Lautrec.

A Propos de l'auteur

Henri Victor

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