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Carnets de voyage en Asie, bornéo, la Malaisie orientale

Carnets de voyage en asie,

les coupeurs de têtes (une rencontre à perdre la tête). 

Carnets de voyage en asie

Bornéo : rencontre des Ibans au Sarrawak (les anciens coupeurs de têtes).

C’est à Bornéo, la partie Orientale de la Malaisie, que l’on peut rencontrer des peuples indigènes. 27 groupes ethniques continuent de vivre paisiblement dans la jungle et aux bords de fleuves ou de rivières. Ils représentent une population de 1.8 million de personnes.

Vivant en marge de la civilisation, ils perpétuent leurs traditions de chasses, leurs pratiques culturelles, et depuis 80 ans ne coupent plus les têtes de leurs ennemis.

Du moins de ce côté-là de l’île…On chuchote dans la jungle que ces pratiques persistent chez certains peuples repoussés vers l’Indonésie.

C’est donc sur les traces des naturalistes et des explorateurs que nous sommes partis vivre notre aventure !

Mon objectif était d’approcher au plus près l’âme de cette région encore vierge du tourisme industriel. Les malais ont tout à fait conscience qu’en développant l’écotourisme, ils pourront préserver leur petit bout du monde. Ils ont déjà commencé à accueillir timidement les voyageurs étrangers occidentaux tandis que le tourisme régional asiatique a jeté les bases d’un tourisme respectueux et maîtrisé.

La forêt de Bornéo est la plus ancienne forêt primaire au monde. De formation jurassienne, elle permet de vivre des choses uniques au monde : Voir les écureuils volants, la Dischidée Rafflesiana qui ne fleurit que 5 jours par an, les plantes carnivores comme la plante insectivore Cephalotus et bien sur des espèces en voie de disparition comme les Orangs-Outans.

Emotions et émerveillements étaient au rendez-vous pour notre aventure… !

Rencontre avec les anciens coupeurs de tête : Les Ibans

Rendez-vous au bord du fleuve avec un couple membre de la tribu des Ibans pour emprunter le « traditional boat » : la pirogue. Notre guide appartenant à la tribu des Bidayuh nous accompagne. Nous remontons le fleuve près d’une heure à bord de cette pirogue à moteur, traversant des passes bouillonnantes et pour certaines parties, les pieds dans l’eau caillouteuse pour soulager le bateau sur les endroits peu profonds. La femme se tient à l’avant, faisant contrepoids et manoeuvrant à la perche pour repousser les bords rocheux et les arbres tombant, l’homme est à l’arrière dirigeant l’embarcation habilement par à coup de vitesse. La jungle est assourdissante, un sifflement chuintant protège cette forêt épaisse des intrus. Rien ne peut la déranger, même pas le moteur de notre pirogue. L’équilibre est fragile et le moindre de nos mouvements peut faire pencher dangereusement le bateau d’un côté ou de l’autre.

Quel Bonheur ! C’est le moment pour lequel nous avons voyagé de si loin. Je ne peux me retenir de sourire béatement remplie de joie. Cà y est ! Nous y sommes ! Sur le fleuve, en pirogue, arrosés par les vagues et groggy par la vitesse du bateau !

La « Longhouse » : La maison longue Habitacle pour tout un village, elle abrite plusieurs familles.

La Long House est devant nous, perchée au dessus du fleuve. Architecture simple sur pilotis, faite de bambou, elle ondule sous nos pas. Des enfants cris, des adultes se cachent. Une femme étend des bâches sur une immense terrasse.

Nous enlevons nos chaussures pour entrer dans les parties communes. Nous sommes accueillis par la femme du chef qui nous fait signe de nous asseoir. Nous ne savons pas très bien comment nous tenir. Assis en tailleur ? Les jambes allongées ne sont apparemment pas une posture adoptée par les Ibans. Le dos nous tire.

Considérés comme des invités de marque, nous bénéficions de tous les égards. Le Tuak, vin de riz maison, est servi dans des verres en bambous, et nous assistons à quelques danses de bienvenue en tenues traditionnelles. Des musiciens assis accompagnent d’instruments de bois les pas et les mouvements très gracieux de 2 femmes et1 homme dont les grelots sonnent à chaque oscillation.

Encore un vin de Tuak ? Comment refuser ? Nous nous sommes levés à 6 heures du matin et notre ventre est vide. Quel sera l’effet de la potion ? Nous ne voulons pas le savoir de suite. Je m’arrête de boire !

C’est à notre tour d’honorer nos hôtes, nous avons apporté pour chaque membre de ce village composé de 18 personnes, des paquets de café, du savon et de la poudre à laver. La femme du chef constitue des tas, petits et grands reçoivent la même ration.

Certains membres parlent quelques mots d’anglais et nous échangeons des informations de la vie courante :

« Les enfants ne peuvent rester au village car il n’y a pas d’école, ils sont en pension pour la semaine et rentrent le week-end. Non, ce n’est pas difficile pour les enfants, ils sont habitués. Et puis, l’essence pour le moteur de la pirogue coûte chère. ». C’est vrai. Pour nous, cela représente 1 euros l’arrêt retour c’est-à-dire pas grand-chose dans notre vie moderne. Mais pour eux, c’est un prix conséquent.

« On se marie dans le même village ou bien on peut courtiser dans la Longhouse voisine. ». L’homme âgé d’une cinquantaine d’année a les yeux qui brillent pendant ses explications. Il a courtisé pendant plusieurs semaines sa femme et surtout la famille de femme ! Ses enfants sont grands dorénavant et il est fier de nous annoncer que son fils aîné travaille à la grande ville Kuching. C’est vraisemblablement une source de revenus importante pour les membres de sa famille.

Il a des tatouages sur les bras, le torse, le dos… art très pratiqué dans cette tribu. Elle atteste de la vaillance et de la virilité. Savez-vous que les sexes sont également ornementés de tatouages et de piercing de perles avant le mariage en l’honneur de la femme ?

« Il n’y a pas de docteur mais un dispensaire se situe à une heure de pirogue. »

Ils sont chrétiens et pratiquants. « Un membre de la tribu est formé pour dire la messe chaque dimanche mais il n’est pas prêtre. »

Ils cultivent le riz et le poivre. Les champs sont pris sur la jungle, la terre est brûlée et ils effectuent une rotation sur 7 champs. Une vieil homme nous explique qu’il doit certaines années marcher pendant des heures pour rejoindre son champs. Cette culture étant uniquement pour les membres de la tribu, ils n’effectuent la récolte qu’une fois par an.

Les femmes se retrouvent volontiers entre elles et discutent avec les enfants au milieu. Elles sont seins nus, certaines allaitent des bébés pendant les conversations. Les hommes fument des cigarettes de mais et boivent le Tuak de leur côté. Je suis au milieu, sans place précise adossée à un mur recouvert de toiles d’araignées.

Le Tour Eiffel ! Voilà le mot magique ! Ils peuvent ainsi imaginer note pays. Peu de français voyagent à Bornéo en réalité. Nous promettons d’envoyer une carte postale à notre retour en France.

Les femmes reprennent vite leurs activités sur la terrasse et nous allons les observer.

Les grandes bâches de notre arrivée sont retirées, et s’étalent devant nous des tas de poivre séchant au soleil. Une femme trie le riz en le faisant tourner dans un tissage d’osier, une autre fabrique des paniers pour les vendre sur les marchés de Kuching avec quelques sarbacanes pour touristes.

Les rythmes de vies semblent calmes, pas d’agitation seulement des gestes simples…

On raconte souvent aux voyageurs qu’il est triste de quitter une tribu après avoir partagé des moments avec eux. C’est vrai, nous avons le cœur gros. Ils sont amicaux et fiers de recevoir dans leurs longhouses des visiteurs. Peu d’entre eux sont d’ailleurs autorisés à recevoir des étrangers. Cet écotourisme reste assez encadré par les autorités et c’est tant mieux. La présence du guide garantie le respect des cultures et des personnes.

Il est temps de rejoindre la pirogue car nous allons déjeuner sur une berge du fleuve un Native Lunch : repas indigène.

Les différents peuples du Sarawak
- Iban : Le peuple indigène le plus répandu. Il représente 29.2% de la population de l’état de Sarawak. On le trouve dans tout l’état. Les Ibans sont de religion chrétienne et cultivent le riz ainsi que les épices.

- Bidayuh  : Représente 8.3% de la population de l’état de Sarawak. Ils vivent dans le sud-ouest de Sarawak, ainsi qu’à Kuching et Semarang. Ils sont de religion chrétienne. Beaucoup de Bidayuh sont des fermiers. Ils cultivent le riz, épices comme le poivre et cacao.
- Melanau : Représente 5.8% de la population de Sarawak. Ils sont de religion musulmane, chrétienne et pagan. Ils vivent le long des côtess entre le Rajang et le Baram (rivières) Leur maison ressemble à une kampung malaise (maison traditionnelle).
- Orang Ulu : Représente 5.3% de la population de l’état de Sarawak. Ils sont de religion chrétienne. On les retrouve à Sarawak et à Kalimantan (Bornéo côté Indonésie). Les tribus Kenyah et Kayan vivent au centre et en haut des rivières principales dans le centre et l’est de sarawak. Ils sont originaires de Kalimantan de la rivière kagan. Les Kelabit vivent dans les montagnes en haut de Miri. Les Bawang habitent l’intérieur de Miri et les Limbang ont bougé près des côtes.

Carnet de voyage de :

Laurence Onfroy -Contact email

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