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Bali, le mariage et la polygamie en Asie

sasint / Pixabay

Carnets de voyage en Asie, mariage à Bali ou la polygamie aux yeux bridés !

– Carnets de voyage en asie

Voyage à Bali de Marina

Traditions Hindouistes et Mariage Balinais

On ne revient jamais indemne d’un voyage, surtout quand l’on revient d’Indonésie. Chaque culture, chaque rencontre nous enrichit et élargit notre ouverture d’esprit. Lors de mon premier séjour à Bali, je suis rentrée en France avec la nostalgie d’un paradis perdu, d’une île sereine ou les gens souriants semblaient en harmonie avec la nature.

Je m’y suis sentie si bien que j’ai décidé d’y revenir trois semaines, en Mars 2008, pour y découvrir d’autres îles et surtout revenir à Bali.

J’ai préparé mon voyage en étudiant des guides. Je souhaitais faire les volcans de Java le Bromo et le Kawah Ijen, puis Lombok et les îles Gili pour découvrir les fonds marins, faire de la plongée et enfin Bali pour aller à la rencontre de ses habitants. Ce fut avec l’aide d’un guide local francophone : Gusde que j’ai pu organiser ce voyage en communiquant avec lui par internet.

Il s’est occupé de la logistique du voyage : réservations d’hôtels , de train et de voitures pour effectuer mes excursions à Java et Lombok.

Grâce à lui j’ai pu rencontrer à Bali sa famille, un grand prêtre du nord de l’île, et assister à un magnifique « mariage traditionnel Balinais ».

J’ai également profité de la région d’Ubud connue pour son artisanat et ses nombreux artistes. Je suis allée dessiner avec Dolit un célèbre peintre miniaturiste du style « Keliki » un art ancestral qu’il transmet en l’enseignant aux enfants de son village.

Il y a beaucoup à dire sur la culture hindouiste dont j’ai perçu une facette surtout à la fin de mon voyage au contact des locaux dans le nord de l’île et dans la région d’Ubud.

J’ai passé une journée chez un grand prêtre très respecté des balinais. Et tandis qu’il recevait la visite de ses concitoyens venus de très loin pour le consulter, j’ai observé avec émerveillement ses deux femmes qui façonnaient avec agilité de magnifiques offrandes. Elles les préparent ainsi à longueur de journée avec de la pâte de riz, des fruits et des feuilles de palmes tressées. Celles-ci sont ensuite présentées aux dieux puis après la cérémonie et les prières elles seront mangées par la famille. Seules les femmes issues de la caste des prêtres peuvent réaliser les offrandes les plus élaborées dont elles connaissent les secrets de fabrication.

Ce jour là, le prêtre à également reçu la visite d’un confrère venu d’un autre temple pour l’interroger. Son savoir est grand et reconnu par tous les prêtres qui n’hésitent pas à venir le consulter. On l’appelle le « Pedanda » du nord de Bali. Dans sa famille issue de la caste des prêtres, le grand père et l’arrière grand père l’étaient également. Il utilise encore des manuscrits en sanskrit qui datent du XVIII siècle et autres objets précieux qui se transmettent de génération en génération. Chaque personne venant le voir doit faire des offrandes aux dieux, poser ses questions (jour du futur mariage, astrologie, problèmes à résoudre etc.…), assimiler la réponse, échanger avec lui, puis à la fin de la consultation, offrir un don au prêtre en remerciement. C’est ainsi qu’il a reçu en cadeau plusieurs pierres étonnantes offertes par ses fidèles.

Avant de décider de les monter en bagues, il a longuement médité sur chacune des gemmes.

Chaque pierre représente un dieu hindouiste, une énergie, une fonction. Ces bagues sont devenues des amulettes protectrices.

La pierre rouge est une racine de rubis en forme de cabochon et représente Brama et protège sa famille.

Une pierre cabochon noire aux reflets verts représente Shiva, elle est protectrice.

La dernière pierre, la plus étrange un cabochon noir avec des effets moirés comme des nuages, qu’il nomme « akik », peut s’apparenter à une obsidienne noire, une pierre volcanique.

Celle-ci aurait plus de pouvoir que toutes les autres car elle représente Vishnu et le protège de la magie noire. Il la porte donc à chaque fois qu’il doit partir de chez lui pour se protéger.

Le lendemain, j’ai assisté au mariage de Sofi et Komang.

Le mariage Balinais se déroule en deux jours et j’ai assisté à la deuxième journée. Le matin, tous les invités arrivent chez le marié vers dix heures du matin. Au bout de quelques heures toutes les offrandes sont apportées sur l’autel qui a été dressé dehors sous un auvent. Les mariés, après avoir médité et prieé avec le prêtre du village, partent vers le village de l’épouse et sont suivis de toute la famille et de leurs amis.

Cette dernière peut habiter très loin de la maison de son mari. En effet, ce jour là, nous sommes montés très haut dans la montagne au cœur d’une forêt tropicale rafraîchissante. Au cours de notre ascension, je me suis demandée comment ces deux personnes avaient pu se rencontrer. Leur histoire est à l’image d’un conte pour enfant : la jeune fille soufrait d’une maladie incurable et c’est en allant voir un guérisseur réputé, très loin de chez elle, qu’elle a rencontré son futur mari. Celui-ci faisait partie de la famille de ce guérisseur. Et depuis ils ne se sont plus quittés.

Mais ce beau mariage n’aurait pas pu voir le jour sans la tolérance légendaire des Indonésiennes. En effet, la encore, les différences culturelles sont étonnantes entre les Occidentaux et les Hindouistes. Tandis que les Musulmans et Hindouistes partagent un point commun : celui de pouvoir épouser plusieurs femmes, les Hindouistes ont eux, encore l’avantage de pouvoir avoir des « maîtresses officielles ». Le marié faisait peur aux balinaises car il entretenait depuis 5 ans des relations avec une jeune femme allemande. Celle-ci ne souhaitait pas vivre à Bali et venait souvent en vacances revoir son amoureux. Bien qu’elle ait décidé de vivre en Allemagne, elle a accepté par la suite de devenir sa maîtresse officielle. Aujourd’hui sa photo trône sur un mur parmi d’autres membres de la famille de Sofi.

Bien que les Balinais soient fiers d’avoir une femme ou une maîtresse étrangère à la peau blanche, tous ne peuvent pas s’offrir ce luxe ! Certain Balinais dont la caste est élevée comme celle des Prêtres située au dessus ce celle des Rois ne pourront jamais se marier avec une étrangère sans que cela ternisse leur image.

Arrivés dans le village de la mariée, de nouveau le rituel des prières reprend dans tous les autels de la famille situés sur le toit de la maison et sur la montagne embrumée. Pendant ce temps les invités patientent et discutent les femmes d’un côté et les hommes de l’autre. Ce jour la pour respecter leur tradition je m’étais habillée en sarong traditionnel avec la ceinture et une chemise. Quand on est enveloppé dans le sarong, il est difficile pour une femme d’être dans une autre position qu’assise ou debout. Les gestes sont assez limités. Les hommes eux nouent leur sarong en éventail ce qui selon eux permet de différencier la silhouette de l’homme et de la femme. Les hommes se sont donc regroupés autour d’une bouteille d’Arak et l’alcool aidant, ils plaisantent, chantent, et dansent entre eux. En tant qu’invitée et photographe improvisée, j’ai eu le privilège de goûter cet alcool assez fade, ce qui les rendait hilares. Enfin vers 16h de l’après midi, la famille transporte toutes les affaires personnelles de la Mariée jusqu’à son oreiller préféré dans sa future maison. De retour dans la maison de son époux, la cérémonie finale peut commencer. Elle est célébrée par le plus grand prêtre du nord de l’île, celui que j’avais rencontré le jour précédent.

Dans les vapeurs d’encens, les rituels de prières et les offrandes dressées sur l’autel rouge et or, la cérémonie se déroule entrecoupée par les mélopées du prêtre et du son hypnotique d’une cloche. Une de ses deux femmes prêtresse l’assiste tout au long de la cérémonie. Les époux échangent enfin l’eau et la nourriture symbolique en croisant leurs mains en signe de partage durant toute leur vie. C’est sur ces belles images d’amour que s’achève cette belle journée partagée avec les balinais. La mariée et le marié parés comme des dieux vivants, commenceront des le lendemain leur première journée de mari et femme. Je suis restée longtemps émerveillée par la magie des rituels et des décorations très colorées façonnées par les femmes et prêtresses pour séduire les dieux et ainsi attirer le bonheur et la félicité propre à l’Asie. C’est pour cette raison d’ordre religieux que les Balinais ont particulièrement développé les arts décoratifs. Et pour l’artiste que je suis, cette île possède un trésor de talents ! Avant de repartir en France, faites un tour sur le marché d’Ubud ou vous trouverez un éventail de tout ce qui se fait en Indonésie au meilleur prix. Et laissez vous séduire par les danses balinaises traditionnelles rythmées au son du gamelan. Bon Voyage !

Marina

Contacts utiles :

Guide francophone Gusde en contact avec d’autres agences de voyage à Bali et Lombok propose un voyage sur mesure : 08 12 39 45 513 gusde_ibg@hotmail.com

Artiste Dolit, organise des excursions autour de son village, vers Ubud et découverte de son art traditionnel : 08 15 57 91 433

Agence Bali passion, tenue par des français pour créer un voyage à la carte : www.balipassion.net

A Propos de l'auteur

ritdelaban

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Directeur général de la publication

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