Séoul a débarqué dans le 15e (et a pris ses aises)
Dimanche, la mairie du 15e a changé de fuseau horaire : lightsticks, kimchi et K-pop au programme de la Korean Expo, devant des centaines de jeunes à fond.

Dimanche, si vous passiez près de la mairie du 15e, vous avez dû vous demander si Paris n’avait pas discrètement déménagé à Séoul. Dès l’ouverture, la file serpentait sur le trottoir : des centaines de jeunes, lightsticks en poche, banderoles sous le bras et sourire jusqu’aux oreilles. Certains avaient clairement prévu le coup depuis des semaines. D’autres sont arrivés en se disant « on va juste voir ». Ceux-là ne sont pas repartis en avance.

La raison de tout ce monde, c’était la Korean Expo, et surtout deux invitées de marque. Hyolin d’abord, que les fans connaissent comme la voix de SISTAR, l’un des groupes qui ont fait vibrer la K-pop des années 2010. « Shake It », « Touch My Body », et « Ma Boy » avec son duo Sistar19 : même si le groupe s’est séparé en 2017, elle a continué en solo, et le public du 15e n’a pas eu besoin qu’on lui souffle les paroles. Elles ont été chantées en chœur, en coréen, avec une assurance qui forçait le respect.

Autre moment fort : Dooda, qui est partie d’un pari plutôt culotté. Prendre la musique traditionnelle coréenne et la passer à la moulinette K-pop. Ça pourrait faire un peu mixeur, mais ça marche très bien : des sonorités ancestrales, des rythmes d’aujourd’hui, et un public de 15 ans qui découvre du patrimoine sans s’en apercevoir. Mission accomplie, et sans cours magistral.

Côté estomac, le clou du spectacle, c’était le Kimjang : des centaines de participants rassemblés pour préparer ensemble du kimchi, le plat star de la cuisine coréenne. Avouons-le, vu de loin, ça ressemblait à un énorme chantier de chou et de piment rouge, et les mains en sortaient plus colorées qu’un tablier de peintre. Mais l’ambiance était joyeuse, chacun malaxait avec application, et l’odeur de piment et de sésame flottait jusqu’au bout de la rue. Un conseil : pensez aux gants, le rouge, ça ne s’en va pas à la première douche.
Entre les ateliers, les dégustations et les rencontres, toutes les générations ont trouvé leur compte, même si ce sont clairement les plus jeunes qui donnaient le ton. On a croisé en fin de journée des visages fatigués, la voix un peu cassée d’avoir trop chanté, mais ravis. Et la question qui revenait le plus : c’est quand, la prochaine fois ?






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