
Article de Cédric Horblin
Les journées du patrimoine 2026 ne se sont pas départies de leur fertilité, de leur luxuriance habituelle, tel un filon impossible à tarir.
Un après-midi concentré sur le patrimoine religieux dans les beaux quartiers de la rive gauche aura permis, sans préméditation aucune, de passer en revue les trois principales obédiences du christianisme occidental.

La première étape nous confine dans une mini-chapelle orthodoxe de la rue St Victor.
En 1920, les “russes blancs” fuyant le bolchévisme se retrouvèrent Rue de la montagne Ste Geneviève pour y fonder une librairie (toujours pérenne) et un lieu de culte.

Le nom de l’artère suffit à trouver sous quel vocable se placer. La paroisse dut glisser en 1966 de quelques hectomètres, succédant alors à une épicerie vietnamienne.
L’équipe ecclésiastique actuelle se compose de 3 prêtres sous juridiction du patriarchat moscovite et du diocèse (criméen) de Chersonèse comme maillon intermédiaire dévolu à regrouper fidèles et pasteurs ouest-européens, pour desservir en outre l’Essonne et la Bourgogne.

Du 5ème au 7ème arrondissement, il a presque suffi de suivre le cours du fleuve.
En surplomb de la Seine, se dresse une imposante façade en briques recélant un ensemble architectural assez polyvalent qui fêtera l’an prochain le centenaire de sa première pierre.
Au terme d’un chantier quadriennal finit par s’ouvrir ce qui constitue non sans fierté la première véritable église dont les Etats-Unis purent s’enorgueillir hors frontières, après deux installations embryonnaires.
Contrairement à son équivalente épiscopalienne de la rive droite, elle accueille à peu près tout ce que la sphère protestante compte de tendances. L’internationalité n’est pas en reste parmi ses fidèles et … les candidats asiatiques au mariage qui s’y pressent.
Cette pluralité débouche assez logiquement sur une vie paroissiale fournie, à l’image d’un terrain de basket incrusté dans le vaste sous-sol auto-proclamé “catacombes”.

A 600 mètres de là, une fondation nettement plus séculaire mais à peine moins séculière déroule sans complexe son hectare bordé (excusez du peu) par les bosquets du premier ministre et la verdure de l’ambassadeur transalpin.
L’ancien séminaire a, sans surprise, désempli d’une grande part de ses pensionnaires d’antan mais prépare toujours une soixantaine de futurs expatriés, les “baroudeurs du Christ” comme les qualifiait Ste Thérèse de Lisieux. A ces intrépides s’ajoutent les chevronnés qui trouvent là un havre de resourcement entre deux aventures lointaines. C’est à leurs yeux et leurs pas que s’offre ce plus grand jardin privé de la capitale où les tentantes privatisations par des marques de luxe ne sont pas les bienvenues.

Les Missions Etrangères de Paris, à vocation initialement extrême-orientale, ont élargi leur horizon vers l’Afrique stable au gré des obstacles idéologiques rencontrés au Levant.
A ce titre de témoignage, sous la cour d’entrée, se niche un riche musée concentrant un éventail de souvenirs religieux, d’art et traditions populaires finalement très complémentaires des sentiers battus menant de-ci à Guimet, de-là à Cernuschi.

Pour plus de renseignements, respectivement: Pour plus de renseignements, respectivement:
https://missionsetrangeres.com
https://www.acparis.org
https://ndjasg.fr





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