Structure, caractéristiques et réflexions sur le manuel de chinois « Introduction au chinois » des éditions Elips (France) destiné aux débutants français
| Article de LIU Zhongjun |
Le 20 octobre, la célèbre maison d’édition française Ellipses publiera « J’me lance en chinois » , un manuel de chinois pour le niveau A1-A2, après l’anglais, l’espagnol, l’allemand et le coréen dans sa série « Langues Express ».
Les éditions Ellipses jouissent d’une excellente réputation dans le milieu universitaire et éducatif français. Leurs publications couvrent l’enseignement supérieur et la préparation aux concours (cours préparatoires aux universités françaises, manuels pour les écoles polytechniques, examens CAPES et ouvrages de préparation aux concours de professorat ), les disciplines professionnelles et universitaires (médecine, droit, sciences et technologies, linguistique, etc.), ainsi que l’enseignement secondaire et les ressources de vulgarisation (manuels et ressources complémentaires pour le collège et le lycée, ouvrages documentaires et de vulgarisation scientifique ) . L’enseignement des langues et les ressources pédagogiques associées constituent un domaine en plein essor, avec la publication de nombreux manuels et outils pédagogiques de chinois ces dernières années. *Introduction au chinois* est le dernier ouvrage phare de la maison d’édition.
Pour les francophones, les difficultés d’apprentissage du chinois résident souvent dans plusieurs aspects : l’acquisition d’une prononciation solide, la compréhension de la structure de la langue et de ses différentes expressions grammaticales, et la progression simultanée de l’oral et de l’apprentissage des caractères. De nombreuses ressources, théories et exemples sont disponibles pour chacun de ces aspects. Ainsi, l’intérêt d’un manuel d’introduction pour débutants réside non seulement dans la concision avec laquelle il présente les connaissances essentielles au moment de l’apprentissage, mais aussi dans la manière dont ces connaissances sont organisées pour permettre aux apprenants de les comprendre, de les pratiquer et de les appliquer progressivement.
Couverture du manuel « Introduction au chinois »

Luo Xuan
Il a enseigné pendant de nombreuses années le chinois aux niveaux débutant et intermédiaire au Département des langues étrangères de Sciences Po Paris et a également participé à de nombreux programmes de formation linguistique et culturelle destinés aux cadres d’entreprises et aux employés d’établissements de formation professionnelle. Il est aujourd’hui retraité.
Gao Shuxian
Formatrice professionnelle en langue chinoise, titulaire d’un master d’études chinoises obtenu en France et d’une qualification de formatrice professionnelle pour adultes, elle enseigne le chinois dans le cadre de la formation professionnelle en France depuis de nombreuses années. Elle a à cœur d’associer l’apprentissage de la langue à la culture chinoise et d’aider les apprenants français à personnaliser leurs cours d’initiation au chinois, à la fois pratiques et progressifs.
I. Un contenu concis axé sur les difficultés d’apprentissage des francophones
Le manuel commence par présenter la phonétique chinoise, la grammaire de base et l’écriture des caractères chinois, posant ainsi les fondements nécessaires aux cours suivants. Les explications grammaticales intègrent ensuite les différences entre le chinois et le français afin d’aider les lecteurs à comprendre les règles fondamentales de l’expression chinoise.
Cette approche met clairement l’accent sur l’apprenant : pour les francophones, certains phénomènes chinois, en apparence simples, nécessitent une comparaison linguistique pour une compréhension précise. Par exemple, le chinois ne possède pas de conjugaisons verbales ni d’accord en genre et en nombre des adjectifs comme en français, mais cela ne signifie pas que la grammaire chinoise soit inutile à apprendre. L’enjeu principal de l’enseignement est d’aider les lecteurs à passer du cadre familier du français à la logique expressive du chinois.
Ce qui est véritablement remarquable dans ce manuel, c’est son résumé concis des caractéristiques de la langue chinoise, utilisant un langage d’une grande justesse. Par exemple, l’introduction à la phonétique ne tient que sur une page, avec une seule phrase soulignant l’importance des tons : « Le système pinyin compte 21 initiales, 36 finales et 4 tons. Leurs combinaisons forment environ 400 syllabes de base, et avec les tons, on obtient un total de près de 1 200 syllabes. Chaque caractère chinois correspond à une syllabe pinyin. » Bien que le manuel n’explique pas en détail comment les quatre tons permettent une communication de base en chinois, ce bref aperçu suffit à donner aux apprenants une compréhension claire de l’importance des tons en phonétique chinoise.
II. La structure sur deux pages rend les tâches d’apprentissage plus claires.
Chaque leçon utilise une structure parallèle sur deux pages : une page comprend des modèles de phrases typiques, des explications grammaticales et des exercices d’application, tandis que l’autre page présente les caractères chinois et propose des exercices d’écriture.
Leçon deux : « S’il vous plaît » et « Merci »
Son avantage réside dans le fait que les apprenants peuvent clairement identifier les objectifs de chaque leçon et distinguer facilement leur niveau de maîtrise de l’expression orale et de l’écriture. Comprendre ou prononcer une phrase ne signifie pas nécessairement savoir reconnaître et écrire les caractères chinois qui la composent ; présenter les deux séparément permet d’éviter de confondre la familiarité avec la langue parlée et la maîtrise globale.
Cependant, le format de deux pages par leçon décrit principalement l’organisation du contenu et n’implique pas que chaque leçon puisse être terminée dans le même laps de temps. Le rythme d’apprentissage réel doit être adapté en fonction de la difficulté de la prononciation, de la grammaire et des caractères chinois.
Ceux qui apprennent le français pourraient trouver ce format similaire à celui d’un ouvrage publié par Hachette, * Grammaire du français : cours de civilisation française de la Sorbonne*. Sa structure classique, avec ses formules fixes, ses exemples de phrases et ses exercices, permettait d’apprendre le français beaucoup plus efficacement. Malheureusement, la nouvelle édition ne respecte plus strictement ce format dans sa mise en page.
Couverture de « La grammaire française dans le cours de civilisation française à l’université de la Sorbonne »
III. Transfert d’expressions à l’aide d’un nombre limité de modèles de phrases
Chaque leçon du manuel sélectionne deux ou trois modèles de phrases typiques, ainsi que du vocabulaire couramment utilisé, afin d’encourager les apprenants à organiser leurs propres expressions en fonction de leur compréhension des modèles.
Cela reflète une approche pédagogique centrée sur les structures fondamentales : lors de la phase d’apprentissage initiale, l’objectif n’est pas d’enrichir rapidement le vocabulaire, mais plutôt de maîtriser d’abord des structures d’expression réutilisables. Le vocabulaire peut être ajouté progressivement, tandis que les modèles de phrases aident les apprenants à organiser les mots en phrases cohérentes.
L’efficacité de cette méthode dépend de la variété des exercices proposés : au-delà de la simple répétition de la phrase originale, les apprenants doivent s’essayer à remplacer des mots, à modifier le contenu et à utiliser la même structure dans différents contextes afin de développer progressivement leur autonomie d’expression.
IV. Soutenir l’apprentissage autodirigé grâce à des résumés périodiques
Le livre est structuré en 57 leçons et 12 résumés périodiques, couvrant les niveaux A1 à A2 du CECRL (Cadre européen commun de référence pour les langues). Les exercices incluent les réponses, et les résumés périodiques servent à la révision et à l’auto-évaluation.
Pour les apprenants autodidactes, ce dispositif offre des canaux de rétroaction essentiels. Pour les lecteurs ayant déjà étudié le chinois mais ayant oublié certains éléments de base, les résumés périodiques peuvent également les aider à savoir par où commencer.
Il est important de préciser que si les exercices écrits permettent d’évaluer certains aspects du vocabulaire, de la grammaire et de l’expression écrite, ils ne suffisent pas à refléter pleinement la justesse de la prononciation et la capacité réelle à communiquer. Par conséquent, l’auto-évaluation est plus efficace lorsqu’elle combine l’écoute active, l’enregistrement audio ou les échanges avec autrui, plutôt que de se fier uniquement aux réponses aux tests.
V. L’enseignement des caractères chinois doit prendre en compte à la fois l’écriture et la compréhension structurelle.
La section du manuel consacrée aux caractères chinois commence par les traits de base et leur ordre, puis introduit progressivement les méthodes de formation de base des caractères telles que les pictogrammes, les idéogrammes, les idéogrammes composés et les composés phonétiques, en lien avec la signification des caractères, leurs origines et les explications nécessaires sur l’évolution des caractères anciens.
L’importance de réaffirmer l’origine et la structure des caractères chinois réside dans la mise en évidence des indices structurels nécessaires à leur mémorisation, permettant ainsi aux apprenants de dépasser le simple apprentissage par cœur. La compréhension des composantes et de leurs fonctions facilite non seulement l’apprentissage ultérieur des caractères, mais révèle également la logique sous-jacente de leur encodage. De plus, à mesure que leur intérêt s’approfondit, les apprenants acquerront une compréhension plus systématique de l’évolution de la culture chinoise.
Parallèlement, la connaissance de l’étymologie et de la formation des caractères est essentielle à la reconnaissance et à l’utilisation des caractères chinois modernes. Comprendre l’origine d’un caractère ne suffit pas à maîtriser son emploi dans les mots et les phrases ; l’analyse structurale doit être complétée par des exercices de vocabulaire, de lecture et d’écriture.
VI. Des exercices audio et ludiques complètent l’apprentissage sur support papier.
Chaque leçon est accompagnée d’un fichier audio, certaines proposant plusieurs fichiers. Les lecteurs peuvent créer un compte gratuit sur le site web de l’éditeur pour écouter les leçons en ligne ou télécharger les documents. Le manuel comprend également des jeux ludiques avec leurs corrigés, offrant ainsi différents formats de révision.
L’audio permet aux autodidactes d’accéder à des ressources sonores, mais il existe toujours un écart entre « entendre » et « pouvoir s’exprimer avec précision ». Utiliser l’audio pour une écoute répétée, la répétition et l’enregistrement à des fins de comparaison est plus efficace que de simplement l’écouter. Des exercices ludiques contribuent à réguler le rythme d’apprentissage, et leur objectif reste de consolider les connaissances acquises.
Évaluation globale
Les principales caractéristiques de « Introduction au chinois » sont qu’il est conçu pour les francophones, qu’il organise l’apprentissage du chinois introductif avec des leçons courtes, une structure de deux pages, des modèles de phrases de base et des résumés périodiques, tout en conservant l’enseignement des caractères chinois et le support audio.
Ce modèle convient aux débutants qui ont besoin d’un parcours d’apprentissage clair et souhaitent une grande flexibilité dans l’organisation de leur temps. Il peut également servir de support pédagogique complémentaire aux enseignants. Ses principaux atouts résident dans l’organisation du contenu et le soutien apporté à l’apprentissage autonome.
Cependant, l’acquisition de véritables compétences en communication exige toujours une pratique régulière de la prononciation, une mise en situation et des retours extérieurs. Il est donc recommandé aux débutants de combiner cela avec les retours de professeurs qualifiés, de partenaires linguistiques et d’amis ; à défaut, le développement de mauvaises habitudes aura un impact considérable sur leur apprentissage ultérieur.
La page de recommandations de l’éditeur pour les lecteurs français
Informations bibliographiques“J’me lance en chinois” (Introduction au chinois)
Auteurs : Luo Xuan , Gao Shuxian
Pages : 204
Support : Papier ou livre électronique
Prix : 16,50 € (version imprimée) ; 13,99 € (version électronique)
Enregistrement : Liu Zhongjun, Luo Xuan , Gao Shuxian
Transcription par : ZHONG Jacques
Éditeur : éditions Ellipses
Niveau : A1-A2
Accompagnement audio (disponible en téléchargement sur le site web de l’éditeur après la sortie)
La Fnac et les librairies commercialiseront le produit le 20 octobre 2026.
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