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Paix = Poésie : expo d’affiches chinoises à Paris, jusqu’au 23 octobre

Expo d’affiches, itinérante et internationale, CCCPParis 14-23/ 10/ 26
Expo d’affiches, itinérante et internationale, CCCPParis 14-23/ 10/ 26

Expo d’affiches, itinérante et internationale, CCCPParis 14-23/ 10/ 26
Paix = Poésie

Photos CCCP
Aujourd’hui encore, il y a ceux qui disent si tu veux la paix prépare la guerre et ceux qui disent si tu veux la paix prépare l’amour. Le dilemme est tranché par l’exposition en cours au CCCPP dont l’affiche dit, à peu près, « si tu veux la paix prépare la Poésie ». La paix y est vue par les artistes chinois, comme par tous les artistes du monde, non comme un intermède offert entre deux guerres non sans condescendance mais comme une vertu, un idéal, un art de vivre avec soi-même et avec les autres. Branche d’olivier, colombe, couleurs, slogans, symboles abstraits et figuratifs, calligraphie, tout est là qui le rappelle au monde depuis l’aube des temps. Bien des expositions ont eu lieu sur l’histoire ancienne et moderne de l’affiche chinoise mais celle-ci, organisée par l’Ecole de Design de l’Université des Arts de Nanjing en collaboration avec l’Ecole Intuit Lab de Paris et le département La route de la soie de l’’Unesco, met en scène le fruit des études sur le thème de la paix réalisé par de jeunes graphistes contemporains ancrés dans de vieilles traditions et connectés à l’actualité mondiale, à l’évolution du design et à ses codes formels et esthétiques.

Tradition, institution même, parce que l‘exposition me paraît être une version contemporaine du dazibao, ici, à Paris, sur le Mur de la Paix, de l’appel à la Paix, du Poème à la Paix. Dans cette version qui remonte aux années 80, l’image remplace l’écrit, même si celui-ci, le verbe, en reste une partie exclusive ou intégrante. La signature remplace l’anonymat. La diffusion visuelle, rapide, à grande échelle, facile à comprendre, remplace la fixité. Le numérique remplace l’encre noire et le pinceau et synthétise la nature et le rythme du geste artistique. La foule au vernissage remplace la foule des passants qui, autrefois et aujourd’hui encore, s’arrête et déambule pour voir, lire, commenter, réagir à l’effet visuel de murs et de panneaux bardés de métaphores poétiques, fortes, dynamiques et suggestives. L’objectif de la version actuelle reste le même dans la mesure où promouvoir la Paix, (avec P majuscule), est une protestation concomitante contre la guerre (avec g minuscule). La protestation propre au dazibao est toujours d’actualité mais la Paix, c’est-à-dire non à la guerre, réconcilie et soude tout le monde, le pays qui la prône et l’opinion mondiale qui la revendique. Qui pourrait rester insensible à la poésie et aux bienfaits de la Paix. Qui pourrait ne pas en rêver. Qui pourrait ne pas s’accorder au « la » que l’affiche donne pour diapason, pour référence, pour harmonie, pour sagesse, pour bonté. L’exposition réunit 200 affiches et presque autant d’artistes. Elle s’articule autour de 4 grands thèmes, guerre et Paix, Harmonie, Paix et moi, Sagesse, mots au féminin tiens, en français du moins, incarnés par des sujets variés à l’infini. L’illustration de la paix confrontée à la guerre, au terrorisme, aux armes, est très créative, performante et percutante.
La guerre :

Expo d’affiches, itinérante et internationale, CCCPParis 14-23/ 10/ 26
Expo d’affiches, itinérante et internationale, CCCPParis 14-23/ 10/ 26
  • Un cerveau sous forme d’une explosion nucléaire de Xie Zhizheng (est-ce le fameux affichiste de l’époque Qing ? )
  • Un nid d’œufs de colombe en guise de bouche de canon rempli de balles de Shi Hongwei
  • Une grenade posée au milieu d’une emblématique marelle de Xie Xinrong
  • Une colombe blanche, un profil, un plan géométrique aux contours nets tracés sur un camaïeu de lavis gris. Son œil est une cible touchée au coeur. La branche qu’elle porte tronquée, mi olivier, mi gerbe d’obus, de Jin Daiqiang.
    La Paix :
  • Une colombe sous forme d’aerobaz, stylisée selon les codes graphiques de ce symbole informatique lui-même inspiré de l’aéronautique et des avions en plein vol, ce qui n’est pas anodin, de la part de Zhou Menghui.
  • Une promesse du petit doigt, une poignée de mains, un engagement sacré à la tenir, de Li Wanyin.
  • Une famille, une trinité sacrée silhouettée comme des charpentes et fondation de maison, en noir et blanc, le blanc qui n’est, rappelons-le, pas un vide, de Xu Wei.
  • Des segments de pseudo lettres cursives, noir et blanc, dont l’enchevêtrement est signe de tolérance réciproque, selon Shi Cheng.
  • des formes angulaires, nettement délimitées, sous forme de cellules géométriques comme le plan d’une ville endormie dans le noir où brillent quelques lumières et où règne la paix sous forme de colombe perchée sur des toits comme un ange gardien, de Wang Zhao
  • Un match nul, ou stratégie gagnant-gagnant sur les cases d’une table de Mahjong jaune tapissée de tuiles noir et blanc formant un entrelac de diagonales et d’ angles droits, de Zhao Hongwei.
  • Un nœud sans fin, un porte-bonheur, un auspice heureux pour la paix de Chen Guoyiyan.
    Une foison d’œuvres à voir.
    Malika Dorbani

A Propos de l'auteur

Malika Dorbani Bouabdellah

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